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Étape 02 / 04 — Mesurer

Suivre une fissure : témoin ou capteur connecté ?

Un capteur connecté remplace-t-il le témoin pour le suivi d'une fissure ? Ce qu'il apporte vraiment, ce qu'il ne prouve pas, et le seul cas où il s'impose.

Relevé par
Baptiste S.
Établi le
22 septembre 2026
Révisé le
25 septembre 2026
Lecture
10 min

Se rattache au guide
Mesurer une fissure avec un témoin, geste par geste

Un témoin à plaques posé sur une fissure, en lumière rasante Gros plan sur un mur enduit éclairé par un soleil bas venu de la gauche. Une fissure descend en biais, creusée d'ombre sur toute sa longueur. À cheval sur elle, un témoin composé de deux plaques superposées : celle du dessous porte une échelle graduée, celle du dessus, translucide, un réticule en croix. Deux vis à tête plate maintiennent l'ensemble de part et d'autre de la fissure, chacune posant son ombre à droite. Au crayon sur l'enduit, deux traits de repère marquent les extrémités du tracé, accompagnés d'une notation manuscrite trop petite pour être lue. En bas à gauche, le coin d'un carnet entre dans le cadre.
Planche — Une jauge à plaques vissée en travers d'une fissure de façade, doublée d'un petit boîtier enregistreur fixé à côté sur le même mur

Le témoin en plâtre a été inventé pour des murs qu’on regarde. Le capteur connecté vise les murs que personne ne regarde, et c’est la seule différence qui compte vraiment dans le suivi d’une fissure.

Tout le reste de l’argumentaire — la résolution au centième, l’alerte sur le téléphone, la courbe qui se trace seule — vient après cette question-là : qui ira lire ce mur, et combien de fois ? Si quelqu’un y va, le capteur n’achète presque rien. Si personne n’y va, aucune jauge ne le remplacera.

Capteur connecte suivi fissure : ce que l’automatique achète vraiment

Un dispositif de suivi fait trois choses distinctes, qu’on confond en permanence : il mesure, il date, et il se souvient. Séparer les trois suffit à régler la question.

Mesurer, une jauge à plaques le fait grossièrement, au millimètre, et un capteur le fait plus finement. Dater, une jauge ne le fait pas du tout : c’est vous qui écrivez la date, donc c’est vous qui pouvez l’oublier. Se souvenir, en revanche, une jauge le fait parfaitement et gratuitement, parce que sa mémoire est mécanique : la croix reste là où le mur l’a laissée.

Cette troisième ligne est celle que les fiches produit ne mettent jamais en avant, et c’est pourtant elle qui désamorce l’argument principal du capteur. Sauter trois relevés sur une jauge ne perd pas le cumul. Vous retrouvez à la visite suivante l’écart total depuis la pose, intact. Ce que vous avez perdu, c’est uniquement ce qui s’est passé entre les deux visites — la forme de la courbe, pas son point d’arrivée.

L’apport réel d’un enregistrement automatique se réduit donc à cela : les points intermédiaires. Toute la question devient alors de savoir si, dans votre situation, ces points portent une information ou du décor.

Quand la forme entre deux visites porte l’information

Elle en porte dans deux cas, et ils sont identifiables sans hésiter.

Le premier est le chantier voisin. Un terrassement, un battage de pieux, une démolition : le mouvement se joue en jours, la fenêtre d’observation se referme avec les engins, et un relevé mensuel arrive trop tard pour rattacher un décrochement à une date. C’est le cas d’école de l’enregistrement serré.

Le second est le bien où personne ne passe. Une maison louée, une maison de famille fermée l’hiver, un mur de fond de jardin qu’on ne longe qu’en été. Ici le problème n’est pas la densité des points : c’est qu’il n’y en aura aucun.

Partout ailleurs — c’est-à-dire chez la plupart des gens qui découvrent une fissure sur leur propre façade — la forme entre deux visites est une courbe agréable à regarder qui ne change aucune décision.

Ce qu’un capteur sait faire, et qu’une jauge ne fera jamais

Il serait malhonnête de s’arrêter là : trois choses lui appartiennent en propre, et la troisième est la plus intéressante.

Il date sans vous. Chaque point porte son horodatage, et personne ne peut reconstituer une valeur le soir en se fiant à sa mémoire. Sur une série longue, cette rigueur mécanique vaut mieux qu’une bonne intention.

Il travaille en votre absence. C’est la reformulation du point précédent, et c’est son seul avantage structurel : il produit des mesures qui, sans lui, n’existeraient tout simplement pas.

Il peut accompagner la mesure de son contexte. Un boîtier qui enregistre en même temps la température et l’humidité de l’air permet quelque chose qu’aucun carnet tenu à la main ne permet vraiment : séparer ce qui, dans le mouvement d’une fissure, relève de la dilatation du matériau et ce qui relève du sol.

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il est la vraie promesse technique du connecté. Une maçonnerie exposée au sud se dilate dans la journée et se rétracte la nuit ; une fissure suivie au millimètre respire donc au rythme du thermomètre, en plus de respirer au rythme des saisons. Relever à midi puis à sept heures du matin revient à mesurer le soleil, ce que l’article suivre une fissure sur 6 mois : le tableau de relevé traduit par une colonne « heure » et une colonne « temps qu’il faisait ». Un enregistreur remplit ces deux colonnes tout seul, sans jamais oublier.

Le mouvement qui intéresse, lui, est beaucoup plus lent : c’est celui des sols argileux qui perdent du volume en se desséchant et le reprennent en se rechargeant, un phénomène décrit par le BRGM et cartographié commune par commune sur Géorisques. Disposer en parallèle de la température et de l’écartement aide à ne pas prendre l’un pour l’autre. Le mécanisme complet est dans le guide fissures sécheresse argile maison.

Ce qu’il ne fait pas, et que les fiches produit ne disent pas

Quatre limites, dont une seule est technique.

Il ne valide pas le support. C’est l’erreur la plus coûteuse du suivi, et l’automatisation l’aggrave au lieu de la corriger. Un dispositif ancré dans un enduit décollé enregistre fidèlement le mouvement de l’enduit, produit une série impeccable, et n’apprend rien sur le mur. Un relevé manuel laisse au moins une chance de remarquer que la plaque bouge quand on la touche ; un capteur relevé à distance supprime jusqu’à cette occasion. La vérification tient en un geste, au doigt replié, et elle est détaillée dans le guide mesurer une fissure avec un témoin.

Il ne produit pas un constat opposable. Une série enregistrée par l’appareil du propriétaire reste une série produite par la partie intéressée. Le suivi qu’une compagnie ou un tribunal regarde sans discuter relève d’un bureau d’études : repères scellés, protocole écrit, opérateur identifié. Cela n’enlève rien à l’intérêt d’un suivi de propriétaire — c’est même ce qui manque le plus souvent dans les dossiers — mais il faut savoir ce dont on se prévaut avant de s’en prévaloir, et les pièces attendues sont listées dans le guide dossier catastrophe naturelle fissures.

Il ne vous appartient pas toujours. Beaucoup d’appareils grand public stockent l’historique dans l’application du fabricant. Un compte fermé, un service arrêté, un téléphone changé, et trois ans de série s’en vont sans préavis. Un export dans un fichier que vous détenez est une condition d’achat, pas une option à regarder plus tard.

Il s’arrête sans prévenir. C’est le mode de défaillance propre à l’enregistrement automatique, et il est particulier : une série manuelle se dégrade, une série automatique s’interrompt. La pile faiblit par temps froid, c’est-à-dire pendant la moitié de l’année qui documente la refermeture hivernale, et vous l’apprenez au printemps.

Schéma interactif

L'hiver où la pile lâche : ce qui reste au printemps

Basculez entre le capteur seul et le capteur posé à côté d'une jauge : la panne est la même, pas ce qu'elle coûte.

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ce que fait la fissure : la refermeture d'hiver le capteur la jauge septembre octobre novembre décembre janvier février mars hiver perdu, découvert au printemps la pile lâche au premier froid pose en septembre visite de mars : le cumul, intact Ce qui reste au printemps : un trou, à la place de la saison qui documente la refermeture le cumul depuis la pose ; seule la forme de l'hiver manque

Une série automatique ne se dégrade pas : elle s'arrête

Ce qui se passe
La pile faiblit par temps froid, c'est-à-dire pendant la moitié de l'année qui documente la refermeture hivernale. Personne ne passe devant le mur, donc personne ne le voit : vous l'apprenez au printemps, en ouvrant l'historique.
La parade
Une jauge à plaques posée à côté du capteur : elle mémorise le déplacement cumulé sans pile ni réseau, et rattrape le trou dès la visite suivante. Basculez sur l'autre montage pour la voir.
Pour la pile elle-même
Des piles lithium, qui supportent le froid bien mieux que les alcalines, remplacées en prévention avant l'automne plutôt qu'après la panne. Notez la date de mise en service sur le boîtier : aucune pile ne signale sa fin à quelqu'un qui ne passe pas.
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Le piège de la courbe dense

Il y en a un cinquième, plus insidieux, parce qu’il flatte : une courbe à mille points paraît plus sérieuse qu’une courbe à douze.

Elle ne l’est pas nécessairement. Avec une graduation au millimètre, l’incertitude de lecture est de l’ordre du demi-millimètre par relevé, si bien qu’un écart inférieur au millimètre entre deux points ne prouve rien — le calcul est détaillé dans fissuromètre : lequel choisir pour un vrai suivi. Un instrument plus fin déplace ce seuil, il ne le supprime pas, et il y ajoute la respiration thermique quotidienne.

Une courbe enregistrée toutes les cinq minutes montre donc surtout le soleil sur la façade. Elle devient lisible une fois moyennée par jour, ce qui revient à douze relevés par an en information utile — exactement ce qu’un rythme mensuel produit à la main.

Ce que votre situation commande

Deux critères suffisent à trancher, et la précision de l’appareil n’en fait pas partie.

Aiguillage

Témoin, jauge ou capteur : ce que votre situation commande

La question qui décide n'est pas la finesse de l'appareil : c'est de savoir qui ira lire le mur, et combien de fois. Un capteur ne mesure pas mieux qu'une jauge — il mesure quand personne n'est là.

Ce que l'objectif impose

Là, il faut une suite de valeurs datées, pas un état. La difficulté n'est pas de mesurer : elle est de tenir la série assez longtemps pour que la forme de la courbe apparaisse, et de ne pas la couper en deux en changeant d'instrument en cours de route. Le nombre de points compte moins que leur régularité et que la longueur de la période couverte, qui doit dépasser une saison.

Ce que l'accès change

C'est le cas des maisons de famille, des logements en travaux et des murs de fond de jardin. Le risque n'est pas de mal relever : il est de sauter les deux relevés qui comptent, fin d'été et fin d'hiver, parce qu'on n'était pas là. Une jauge qui reste en place répond bien à cette irrégularité, puisqu'elle mémorise le déplacement depuis la pose et non depuis la dernière visite.

Le dispositif à retenir

Une jauge à plaques, relevée à la main

L'enregistrement automatique n'achèterait ici que du confort, et il le paierait en dépendances : une pile, un réseau, un service qui doit encore exister dans trois ans. Une jauge vissée mémorise le déplacement depuis sa pose, donc un relevé sauté ne coûte rien — vous rattrapez l'écart cumulé à la visite suivante. Visez surtout les deux relevés de fin d'été et de fin d'hiver, qui encadrent l'amplitude annuelle.

Pourquoi l'accès décide, et pas la précision

Une jauge à plaques a de la mémoire. Elle enregistre le déplacement depuis le jour de la pose, pas depuis votre dernière visite. Sauter trois relevés ne perd donc rien du cumul : cela perd seulement la forme de la courbe entre les deux dates.

Un capteur n'a d'avantage que sur cette forme. Il donne les points intermédiaires que votre absence a effacés — et c'est utile exactement quand ces points intermédiaires portent l'information, donc pendant un chantier voisin ou sur un bien où personne ne passe.

Aucun des deux ne valide le support. Un dispositif fixé dans un enduit décollé produit une série impeccable qui ne renseigne que sur l'enduit. L'automatisation aggrave même ce défaut, puisqu'elle supprime le passage devant le mur pendant lequel on aurait remarqué que la plaque bouge.

Ce bloc oriente vers un dispositif. Il ne dit ni dans quoi le fixer, ni ce que le relevé signifie, et il ne remplace pas un professionnel qualifié dès qu'il s'agit d'apprécier la gravité d'un désordre.

Deux remarques en marge de cet aiguillage. La première : le seul cas qui ne débouche sur aucun achat est aussi le plus fréquent — quand on habite la maison et qu’on veut savoir si ça bouge, une languette de plâtre et un crayon répondent, et le comparatif des deux familles est dans témoin plâtre ou plastique : lequel choisir.

La seconde : l’ordre des décisions compte. On choisit d’abord l’endroit où fixer, ensuite le dispositif. L’inverse conduit à poser un bel appareil sur le plus beau segment du tracé, qui est souvent celui où l’enduit sonne creux.

L’installation qui traverse l’hiver

Un capteur posé en septembre et retrouvé muet en mars n’a pas seulement échoué : il a occupé la place d’une jauge qui, elle, aurait tenu.

Vérification

Votre installation tiendra-t-elle l'hiver ?

Une série automatique ne se dégrade pas : elle s'arrête, et personne ne le voit puisque personne ne passe devant le mur. Cochez ce qui est vrai chez vous.

Points réunis : 0 sur 6

Rien de coché : commencez par lire les six points

Chacun d'eux répare une panne silencieuse, c'est-à-dire une panne que vous ne verrez pas se produire puisque vous ne passez pas devant le mur. Cochez ce qui est déjà vrai chez vous : ce qui reste décoché est exactement la liste de ce qu'il y a à faire avant l'hiver.

Aucun de ces six points ne porte sur la qualité de l'appareil, et c'est voulu : ce qui perd une saison de suivi n'est presque jamais la précision du capteur. Et quel que soit le score, on ne rebouche pas une fissure qu'on est en train de suivre.

Ce qui suit est le matériel qui rend ces six points atteignables. Aucun n’est cher, et aucun ne remplace le geste de vérifier le support avant de percer.

La jauge à plaques reste la colonne vertébrale du montage, y compris quand un capteur est présent : c’est elle qui garde le cumul sans dépendre de rien.

Matériel · étape mesurer

15 à 30 €

Fissuromètre à plaques graduées

Usage — garder le déplacement cumulé même si l'appareil électronique s'arrête

La seule mémoire du suivi qui ne dépende ni d'une pile, ni d'un réseau, ni d'un compte chez un fabricant.

Ce qu'il permet de constater

  • Mémorise le déplacement depuis la pose : un relevé sauté ne coûte pas le cumul
  • Se lit à l'œil nu en quelques secondes, par n'importe qui, sans application
  • Se photographie, ce qui rend la lecture vérifiable par un tiers

Ce qu'il ne dit pas — Elle ne donne aucun point entre deux visites et ne date rien toute seule. C'est exactement le trou qu'un enregistreur comble, et c'est pourquoi les deux se posent ensemble plutôt que l'un à la place de l'autre.

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L’enregistrement du contexte, lui, s’automatise vraiment et pour peu d’argent. Un boîtier de température et d’humidité posé au pied du mur remplit les deux colonnes du carnet que tout le monde abandonne en premier.

Matériel · étape mesurer

15 à 40 €

Enregistreur de température et d'humidité Bluetooth

Usage — documenter les conditions de chaque relevé sans avoir à y penser

Il ne mesure pas la fissure, il mesure ce qui explique ses variations — et c'est la colonne que personne ne tient à la main.

Ce qu'il permet de constater

  • Sépare la respiration thermique quotidienne du mouvement lent du sol
  • Horodate seul, ce qui interdit de reconstituer une valeur de mémoire
  • Un export en fichier rend la série indépendante de l'application

Ce qu'il ne dit pas — Il ne dit rien de l'écartement et ne remplace aucune jauge. Vérifiez avant l'achat que l'export existe réellement : sans lui, l'historique appartient au fabricant, pas à vous.

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Reste l’alimentation, qui est la panne banale de tout dispositif laissé seul dehors. Les piles faiblissent par temps froid, donc précisément pendant la saison qui documente la refermeture hivernale.

Matériel · étape mesurer

10 à 25 € le lot

Piles lithium pour usage extérieur

Usage — tenir la saison froide sans coupure d'enregistrement

La pièce à quelques euros dont dépend la moitié la plus informative de votre série.

Ce qu'il permet de constater

  • Supportent le froid bien mieux que les piles alcalines ordinaires
  • Une autonomie longue réduit le nombre de visites purement techniques
  • Se remplacent en prévention, avant l'automne, plutôt qu'après la panne

Ce qu'il ne dit pas — Aucune pile ne signale sa fin à quelqu'un qui ne passe pas. Notez la date de mise en service sur le boîtier au marqueur : c'est ce qui déclenche le remplacement, pas une alerte que personne n'ira lire.

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Un dernier achat, facultatif mais décisif si votre commune est exposée au retrait-gonflement des argiles : de quoi documenter la pluviométrie du lieu. Les cumuls publiés par Météo-France valent pour une station, la vôtre vaut pour votre jardin, et c’est votre jardin qui porte les fondations.

Matériel · étape mesurer

10 à 25 €

Pluviomètre de jardin gradué

Usage — rattacher la courbe de la fissure à la sécheresse réellement vécue sur la parcelle

La colonne qui transforme un relevé de propriétaire en pièce rattachable à un événement climatique.

Ce qu'il permet de constater

  • Un cumul mensuel noté au carnet suffit : aucune installation, aucune pile
  • Documente la sécheresse à l'échelle de la parcelle, pas de la station météo
  • Donne une explication vérifiable aux décrochements de la courbe

Ce qu'il ne dit pas — Il mesure la pluie tombée, pas l'eau réellement disponible pour le sol, qui dépend aussi de l'évaporation, de la pente et des arbres proches. C'est un indice de contexte, jamais une preuve de cause.

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Le montage qui marche : l’automatique par-dessus le manuel

Il n’y a pas à choisir entre les deux, et poser la question en ces termes est déjà l’erreur. Le bon montage superpose une couche qui ne tombe jamais en panne et une couche qui travaille en votre absence.

La couche basse est manuelle et tient en trois objets : une jauge vissée, un carnet resté près du mur, et une photo datée à l’échelle à chaque passage. Elle survit à tout, y compris à la disparition du fabricant de votre capteur.

La couche haute est automatique : l’enregistreur de contexte, et le capteur d’écartement quand la situation le justifie. Elle ajoute la densité et l’horodatage, donc la finesse de lecture des événements.

L’ordre importe, parce qu’il décide de ce qui reste après une panne. Poser d’abord la couche haute revient à bâtir la série entière sur une pile, un réseau et un compte — trois choses dont aucune n’était là il y a dix ans et dont aucune ne garantit d’y être dans dix ans. Poser d’abord la couche basse coûte une vingtaine d’euros et rend toute panne rattrapable.

Ce qui ne change pas, quel que soit le dispositif

Trois règles survivent à toutes les générations d’appareils, et ce sont elles qui décident de l’issue.

On ne rebouche pas une fissure qu’on est en train de suivre. Un enduit passé sur le tracé efface l’état initial, rend l’évolution du tracé lui-même inobservable, et prive un éventuel dossier de ce qui l’appuie — l’antériorité et l’aggravation documentées. Les conditions et les délais de déclaration figurent sur service-public.fr, et ces délais sont courts : raison de plus pour avoir commencé à relever avant d’en avoir besoin.

La largeur seule ne conclut jamais. C’est l’évolution dans le temps qui tranche, et c’est vrai avec un capteur au centième comme avec une languette de plâtre à deux euros.

Trois constats appellent un professionnel qualifié sur place, quel que soit ce qu’affiche l’écran : une fissure qui a bougé entre deux lectures, une fissure qui se retrouve à l’aplomb sur l’autre face du mur, une fissure au-delà de deux millimètres.

Où s’arrête ce que je peux dire

Je ne suis ni ingénieur structure, ni géotechnicien, ni diagnostiqueur, et je n’exerce aucune des fonctions encadrées que ce sujet convoque. Je suis propriétaire et bailleur : j’ai suivi des fissures pendant des années, tenu des carnets et relu des séries, et c’est de là que parle cette page.

Sur le matériel connecté, la réserve doit être plus nette encore. Le marché grand public du capteur de fissure est mince, mouvant, et les caractéristiques annoncées par les fabricants ne sont pas vérifiées ici. Ce que décrit cette page n’est donc pas un comparatif de modèles : c’est une façon de décider si un appareil de ce type a une place dans votre situation, et ce qu’il faudra poser autour de lui pour que sa série vaille encore quelque chose au printemps.

Ce qui reste vrai indépendamment de tout appareil : une série datée, régulière et photographiée est vérifiable, alors qu’un souvenir ne l’est pas. Le format du relevé est dans suivre une fissure sur 6 mois, le choix du dispositif manuel dans témoin plâtre ou plastique fissure, et la méthode de pose — celle qui décide de la validité de tout le reste — dans le guide mesurer une fissure avec un témoin.

Questions récurrentes

A.01 Capteur connecte suivi fissure : le capteur remplace-t-il le témoin ?
Non, et pas pour une question de qualité : les deux ne répondent pas à la même contrainte. Une jauge à plaques mémorise mécaniquement le déplacement depuis le jour de la pose, donc un relevé sauté ne coûte que la forme de la courbe entre deux visites, jamais le cumul. Un capteur ajoute précisément ces points intermédiaires, et rien d'autre. Il a donc de la valeur quand ces points portent l'information — pendant un chantier voisin, ou sur un bien où personne ne passera avant des mois — et presque aucune quand vous habitez la maison.
A.02 Un capteur connecté mesure-t-il une fissure plus précisément qu'une jauge ?
Souvent oui sur le papier, et cela ne change presque rien au résultat. Le facteur limitant d'un suivi domestique n'est pas la résolution de l'instrument mais la stabilité de ce à quoi il est fixé : un dispositif ancré dans un enduit décollé produit une série parfaitement cohérente qui ne renseigne que sur l'enduit. Une résolution fine appliquée à un mauvais support fabrique une fausse certitude, ce qui est plus coûteux qu'une mesure grossière sur un bon support. Le support se vérifie au doigt replié, avant tout achat.
A.03 Une série enregistrée par un capteur vaut-elle dans un dossier d'assurance ?
Elle vaut ce que vaut n'importe quelle série produite par la partie intéressée : une pièce utile, datée, mais pas un constat opposable. Un suivi opposable relève d'un bureau d'études, avec des repères scellés, un protocole écrit et un opérateur identifié. Ce qui renforce réellement un dossier tient en trois choses qu'un capteur ne produit pas tout seul : l'antériorité du désordre, des photos datées à l'échelle, et la constance de la méthode d'un bout à l'autre de la période.
A.04 Que se passe-t-il si le capteur tombe en panne pendant l'hiver ?
Vous perdez la saison, et vous ne l'apprenez qu'au printemps en ouvrant l'historique. C'est le mode de défaillance propre à l'enregistrement automatique : il ne se dégrade pas, il s'arrête, et personne ne le voit puisque personne ne passe devant le mur. La parade coûte le prix d'une jauge à plaques posée à côté du capteur : elle mémorise le déplacement cumulé sans pile ni réseau, et elle rattrape le trou dès la visite suivante.
A.05 À quelle fréquence un capteur doit-il enregistrer ?
Beaucoup moins souvent que ce qu'il propose, sauf pendant un chantier. Avec une graduation au millimètre, l'incertitude de lecture est de l'ordre du demi-millimètre par relevé, si bien qu'un écart inférieur au millimètre entre deux points ne prouve rien — et un capteur plus fin déplace ce seuil sans le supprimer. Un enregistrement quotidien donne une courbe dense et lisible une fois moyennée ; un enregistrement toutes les cinq minutes ajoute surtout du bruit thermique et une pile à changer plus tôt.
A.06 Faut-il un abonnement pour garder ses données ?
Cela dépend des modèles, et c'est une question à trancher avant l'achat plutôt qu'après. Un historique qui ne vit que dans l'application d'un fabricant est un historique dont vous n'êtes pas propriétaire : une fin de service, un changement de téléphone ou un compte fermé l'emportent. Vérifiez qu'un export dans un fichier existe, faites-en un dès le premier mois, et rangez-le avec les photos datées plutôt que dans le seul espace du vendeur.

Ni expert d'assuré, ni ingénieur structure, ni diagnostiqueur

Baptiste S.

Propriétaire bailleur, fondateur du site

Je possède et je loue plusieurs logements — une maison ancienne et des appartements. J'ai vu apparaître des fissures, j'en ai suivi certaines pendant des années avec un fissuromètre, j'ai fait venir des entreprises et comparé ce qu'elles proposaient. Je ne suis ni expert d'assuré, ni ingénieur structure, ni diagnostiqueur : je documente ce que j'ai mesuré et ce que j'ai lu dans les textes.

Ce site ne remplace pas une expertise. Dès qu'une fissure évolue, traverse un mur de part en part ou dépasse deux millimètres, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe cette limite, et je ne propose jamais de la franchir seul.

D'où viennent les seuils employés ici

Une lettre quand ça bouge, pas avant

Les arrêtés de catastrophe naturelle qui paraissent, les délais à ne pas rater, et ce qu il faut relever avant un été sec. Rien d autre.

  • Quand un arrêté de catastrophe naturelle paraît pour votre commune.
  • Avant chaque été sec : le relevé à faire pour dater vos fissures.

Adresse conservée trois ans après le dernier contact, jamais revendue. Détail.