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Dossier 02 — Mesurer

Mesurer une fissure avec un témoin, geste par geste

Un témoin ne mesure pas une fissure : il enregistre ce qu'elle fait depuis le jour où on l'a posé. Toute la valeur d'un suivi tient dans cette différence — et dans le support où la plaque est fixée.

Établi par
Baptiste S.
Établi le
31 août 2026
Révision
Feuillets liés
3
  1. 01 Identifier
  2. 02 Mesurer
  3. 03 Comprendre
  4. 04 Agir
Un témoin à plaques posé sur une fissure, en lumière rasante Gros plan sur un mur enduit éclairé par un soleil bas venu de la gauche. Une fissure descend en biais, creusée d'ombre sur toute sa longueur. À cheval sur elle, un témoin composé de deux plaques superposées : celle du dessous porte une échelle graduée, celle du dessus, translucide, un réticule en croix. Deux vis à tête plate maintiennent l'ensemble de part et d'autre de la fissure, chacune posant son ombre à droite. Au crayon sur l'enduit, deux traits de repère marquent les extrémités du tracé, accompagnés d'une notation manuscrite trop petite pour être lue. En bas à gauche, le coin d'un carnet entre dans le cadre.
Planche — Une jauge à plaques vissée à cheval sur une fissure de façade, en lumière rasante, deux repères tracés au crayon de part et d'autre du tracé

Il y a un objet qu’on retrouve sur beaucoup de façades fissurées : une petite plaque blanche, vissée en travers du tracé, poussiéreuse, posée un été et jamais relue. Elle n’a servi à rien. Pas parce que le dispositif est mauvais, mais parce que personne n’a dit à son propriétaire ce qu’un témoin est réellement — et surtout ce qu’il n’est pas.

Un témoin ne répond pas à la question « ma fissure est-elle grave ». Il répond à une question plus étroite et beaucoup plus utile : est-ce que ça bouge, dans quel sens, et à quelle vitesse ? C’est le seul des trois signaux qui comptent qu’aucun regard, aucune photo et aucun avis de voisinage ne peuvent produire.

Mesurer une fissure avec un témoin, geste par geste

Cinq gestes, et le premier n’a rien à voir avec la fissure.

Tapotez le mur tout autour du tracé, au doigt replié, sur trente centimètres de rayon. Vous cherchez à savoir si l’enduit sonne plein ou creux. C’est le geste que personne ne fait, et c’est lui qui décide si tout le reste aura un sens.

Marquez les extrémités du tracé au crayon, d’un trait perpendiculaire, et marquez aussi le point précis où vous mesurerez. Six mois plus tard, revenir au même endroit ne sera plus évident, et deux relevés pris à deux centimètres d’écart sur une même fissure ne se comparent pas.

Fixez le témoin à cheval, avec ses deux points d’ancrage suffisamment écartés du tracé — une dizaine de centimètres de chaque côté. Trop près, le perçage fait éclater la lèvre de la fissure et détruit ce qu’on voulait observer.

Notez la date, et notez-la deux fois : sur le mur au crayon et dans un carnet. C’est l’origine de toute la série.

Photographiez, avec un objet de dimension connue dans le cadre. Une photo de fissure sans échelle ne prouve rien à personne, six mois plus tard.

Puis vous ne faites plus rien pendant un mois. C’est la partie difficile.

Ce que vous fixez décide de ce que vous mesurez

Reprenons le premier geste, parce qu’il mérite mieux qu’une ligne. Un témoin vissé dans un enduit décollé enregistre fidèlement, régulièrement, proprement, le mouvement de l’enduit. Le relevé sera impeccable. Il sera faux.

Le même piège existe à l’intérieur avec les doublages : une plaque de plâtre posée sur ossature ou collée par plots n’est pas le mur, elle travaille pour son compte, et une fissure qui y apparaît peut n’avoir aucun rapport avec la structure — comme elle peut en avoir un. Tant qu’on n’a pas regardé la face extérieure du mur au même endroit, on ne sait pas.

Le son est le meilleur indice dont vous disposiez sans rien démonter. Un support sain rend un bruit mat et court. Un enduit décollé rend un son creux, plus long, qui « résonne » sur quelques centimètres carrés. Si la zone creuse fait plus qu’une paume, décalez le témoin jusqu’à retrouver du plein — quitte à s’éloigner un peu du plus bel endroit du tracé.

Sélecteur

Où fixer votre témoin, et dans quoi

Le modèle compte moins que le support. Trois questions, et l'orientation dit sur quoi elle repose et ce qu'elle laisse de côté.

Ce que vous avez sous la main
Où se trouve la fissure
Ce que vous comptez faire du relevé

Vu vos réponses : Un enduit qui sonne plein quand on tapote · Dehors, en façade · Savoir si ça bouge, pour ma propre décision

Une jauge à plaques, vissée, sur support sain

Dehors, tout se ligue contre un collage : la pluie, le gel, l'écart de température entre midi et minuit, les ultraviolets sur l'adhésif. La fixation mécanique est la seule qui tienne trois saisons. Deux points de vissage, un de chaque côté du tracé, à une bonne dizaine de centimètres de la fissure — assez loin pour que le perçage ne fasse pas éclater la lèvre, assez près pour ne pas mesurer autre chose. Chevilles et vis en inox : une vis qui rouille tache le relevé, littéralement.

Posez le témoin un jour ordinaire, ni en pleine canicule ni en plein gel : votre première lecture devient l'origine de toute la série, et une origine prise à un extrême fausse tout ce qui suit.

Ce que ça ne règle pas : une plaque exposée plein sud se dilate elle aussi. Relevez toujours à la même heure et par temps comparable, et méfiez-vous d'un écart apparu entre une lecture de canicule et une lecture de gel — il peut n'appartenir qu'au thermomètre.

Les cinq cas de pose, en entier

Ne fixez rien dans cet enduit

Un enduit qui sonne creux s'est décollé de son support. Une plaque vissée dedans suivra le mouvement de l'enduit, qui n'est pas celui du mur — et le relevé, parfaitement régulier, racontera une histoire qui n'est pas la vôtre. Sondez au doigt replié tout autour de la fissure pour délimiter la zone décollée, puis choisissez : soit vous traversez l'enduit jusqu'au support à l'aide d'une cheville plus longue, soit vous reculez la pose sur une zone qui sonne plein, quitte à surveiller le tracé un peu plus loin de son origine.

Ce que ça ne règle pas : le décollement lui-même est une information, et il peut avoir sa propre cause — infiltration, sel, gel, enduit trop rigide sur un support ancien. Notez-le et photographiez-le, il aura sa place dans un dossier même s'il ne dit rien sur la structure.

Une jauge à plaques, vissée, sur support sain

Dehors, tout se ligue contre un collage : la pluie, le gel, l'écart de température entre midi et minuit, les ultraviolets sur l'adhésif. La fixation mécanique est la seule qui tienne trois saisons. Deux points de vissage, un de chaque côté du tracé, à une bonne dizaine de centimètres de la fissure — assez loin pour que le perçage ne fasse pas éclater la lèvre, assez près pour ne pas mesurer autre chose. Chevilles et vis en inox : une vis qui rouille tache le relevé, littéralement.

Ce que ça ne règle pas : une plaque exposée plein sud se dilate elle aussi. Relevez toujours à la même heure et par temps comparable, et méfiez-vous d'un écart apparu entre une lecture de canicule et une lecture de gel — il peut n'appartenir qu'au thermomètre.

Dans l'élément, jamais dans le joint

Sur de la pierre ou du parpaing apparent, le mortier des joints est presque toujours plus tendre que les blocs — et c'est justement par les joints que le mur travaille quand il fissure en escalier. Une cheville plantée dans un joint mesure le joint. Visez le cœur d'un bloc de chaque côté du tracé, en décalant si nécessaire pour éviter un joint sur la trajectoire du perçage. Sur de la pierre tendre ou du parpaing creux, ralentissez le perçage et laissez tomber le mode percussion : un éclat au point de fixation ruine le relevé avant qu'il commence.

Ce que ça ne règle pas : sur un tracé qui suit précisément les joints, deux points de fixation ne capturent qu'une portion du mouvement d'ensemble. Photographiez la totalité du tracé à chaque relevé, pas seulement la zone équipée.

Dedans, le témoin de plâtre redevient jouable

À l'abri de la pluie et du gel, la vieille méthode retrouve tout son intérêt : une languette de plâtre de quelques centimètres, appliquée à cheval sur la fissure sur un support dépoussiéré et légèrement humidifié. Elle ne mesure rien — elle témoigne : intacte, rien n'a bougé assez pour la rompre ; fendue, quelque chose a travaillé. Beaucoup posent les deux, une languette de plâtre pour l'alerte et une jauge à plaques pour le chiffre, sur le même tracé à trente centimètres d'écart.

Ce que ça ne règle pas : une languette rompue ne dit ni quand ni de combien. Elle vous apprend qu'il faut passer à une mesure chiffrée, pas ce qu'il faut en conclure. Et le plâtre peut fendre en séchant s'il est appliqué trop épais : laissez-le prendre une semaine avant de considérer la pose comme faite.

Attention : vous mesureriez le doublage

Une plaque de plâtre ou un doublage collé n'est pas le mur : il est désolidarisé, il travaille pour son compte, et une fissure qui apparaît dessus peut n'avoir aucun rapport avec la structure — comme elle peut en avoir un. Tant qu'on n'a pas vu ce qu'il y a derrière, un témoin posé dessus enregistre le doublage. Si le mur porteur est accessible quelque part — en tableau de fenêtre, dans un placard, derrière un coffre, à la jonction avec un plafond — c'est là qu'il faut poser. Sinon, cherchez d'abord le même tracé sur la face extérieure du mur : c'est le contrôle qui coûte cinq minutes et qui change tout.

Ce que ça ne règle pas : si la fissure ne se retrouve nulle part ailleurs, un témoin sur doublage reste utile — à condition d'écrire noir sur blanc, dans votre carnet, que la mesure porte sur le doublage. Une mesure dont on connaît la limite vaut mieux qu'une mesure qu'on croit meilleure qu'elle n'est.

Deux remarques en marge de ce sélecteur. La fixation mécanique l’emporte dehors, sans discussion : entre la pluie, le gel et les ultraviolets, aucun adhésif ne tient trois saisons sur une façade. Et sur une maçonnerie apparente, visez toujours le cœur d’un bloc plutôt qu’un joint — le mortier est plus tendre que la pierre, et c’est précisément par les joints qu’un mur travaille quand il fissure en escalier.

Planche — Fissure en escalier

À surveiller de près

Maçonnerie de blocs — le tracé suit les joints 1,8 mm
Sur ce tracé, les deux ancrages du témoin doivent tomber au cœur des blocs, pas dans les joints : c'est par eux que le mur travaille, et une vis plantée dans un joint mesurerait le mortier plutôt que la maçonnerie.

Le choix du témoin lui-même n’est pas neutre : témoin en plâtre ou en plastique, lequel poser.

Le matériel, et ce qu’il vaut vraiment

Trois achats suffisent, et aucun n’est cher. Ce qui coûte, c’est de se tromper de support ou d’oublier de relire.

Matériel · étape mesurer

12 à 30 €

Jauge témoin à plaques graduées

Usage — suivre une fissure de façade sur plusieurs saisons, avec un chiffre à chaque lecture

Le dispositif de référence pour un suivi long. Deux plaques translucides superposées, une croix et une grille : l'écart se lit directement, sans instrument.

Ce qu'il permet de constater

  • Donne les DEUX axes : l'ouverture et le glissement des lèvres l'une contre l'autre
  • Reste en place : chaque relecture porte exactement sur le même point
  • Se photographie bien, ce qui rend la série vérifiable par un tiers

Ce qu'il ne dit pas — Une plaque graduée au millimètre ne se lit pas au dixième, quelle que soit l'attention qu'on y met. En dessous d'un demi-millimètre de variation, la seule phrase honnête est « je ne peux rien affirmer ».

Fourchette indicative
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Prenez les vis et les chevilles à part, en inox si la pose est extérieure : celles fournies dans la pochette sont rarement prévues pour rester quatre saisons en façade, et une fixation qui rouille finit par bouger toute seule — ce qui produit exactement le faux positif qu’on voulait éviter.

Matériel · étape mesurer

8 à 18 € la boîte

Chevilles à frapper et vis inox pour façade

Usage — ancrer un témoin dehors pour au moins deux hivers

Le détail qui décide si votre relevé de six mois vaut quelque chose. Une fixation qui se desserre invalide toute la série.

Ce qu'il permet de constater

  • L'inox ne rouille pas : la fixation ne travaille pas pour son compte
  • La cheville à frapper tient dans le parpaing comme dans la brique creuse
  • Une boîte couvre largement quatre à six témoins

Ce qu'il ne dit pas — Aucune cheville ne rattrape un support creux. Si le mur sonne creux à l'endroit visé, changez d'endroit — le matériel n'y peut rien.

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Pour l’intérieur, la languette de plâtre reste la méthode la moins chère et la plus lisible. Elle ne chiffre rien, mais elle se voit d’un coup d’œil, et un sac de plâtre de moulage suffit pour vingt témoins.

Matériel · étape mesurer

10 à 20 € le sac

Plâtre de moulage en sac

Usage — poser des témoins d'alerte à l'intérieur, en série et pour presque rien

La méthode du bâtiment, antérieure aux jauges plastiques, et toujours valable en intérieur. Elle répond par oui ou par non.

Ce qu'il permet de constater

  • Une languette rompue se remarque sans avoir à relever quoi que ce soit
  • Un seul sac permet d'équiper toutes les fissures d'une maison
  • Se refait en cinq minutes après chaque rupture, ce qui donne une chronologie

Ce qu'il ne dit pas — Elle dit qu'un mouvement a eu lieu, jamais de combien ni quand. Et un plâtre appliqué trop épais fend en séchant tout seul : la rupture des premiers jours ne prouve rien.

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Pour l’instrument de mesure, le comparatif est détaillé dans fissuromètre, lequel choisir.

Relire, c’est-à-dire lire deux axes

Vient le jour de la relecture, et la question tombe : la croix s’est déplacée, mais de combien, et dans quel sens ?

Presque tout le monde ne regarde qu’un axe, l’horizontal, celui de l’ouverture. Le vertical est pourtant le plus lourd de sens : il dit que les deux lèvres de la fissure glissent l’une contre l’autre au lieu de simplement s’écarter — autrement dit que les deux parties du mur ne descendent pas ensemble.

Lecture guidée

Lire son témoin, et savoir ce qu'on peut en dire

Reportez ce que vous lisez sur votre plaque : de combien la croix s'est écartée de son origine, horizontalement puis verticalement, et depuis combien de temps le témoin est en place.

2 1 0 1 2 3 4 5 mm
Mouvement lisible

La croix a quitté son origine

Déplacement total

0,9 mm

Rythme, si la pente se maintenait

2,1 mm/an

Le déplacement se fait surtout de gauche à droite : la fissure s'ouvre, sans que les deux lèvres se décalent en hauteur. C'est le cas le plus courant, et le plus directement lié aux variations du sol et de la température.

Ce bloc constate un mouvement, il ne juge pas une gravité. Une fissure fine qui s'ouvre régulièrement appelle plus d'attention qu'une large fissure figée depuis vingt ans, et aucune lecture faite ici ne remplace le regard d'un professionnel qualifié sur place.

Comment ces chiffres sont obtenus

Le déplacement total combine les deux axes comme les deux côtés d'un triangle rectangle : c'est la distance en ligne droite entre l'origine de la croix et sa position d'aujourd'hui. Une ouverture d'un millimètre accompagnée d'un cisaillement d'un millimètre ne fait donc pas deux millimètres, mais un peu plus de un et demi.

En dessous de 0,5 mm, rien n'est affirmé. Une jauge à plaques est graduée au millimètre : à l'œil nu, on interpole honnêtement le demi-millimètre, pas mieux. Un chiffre plus fin exige un autre instrument, et surtout une lecture faite au même endroit, dans les mêmes conditions, par la même personne.

Le rythme annuel n'apparaît qu'au-delà de 3 mois, et il reste une projection, pas une prévision. La plupart des maisons françaises bougent au rythme du retrait et du gonflement des sols argileux, qui est saisonnier : une pente relevée entre juin et septembre s'inverse souvent entre novembre et février. Un suivi qui ne couvre pas une saison sèche et une saison humide donne un chiffre exact et une conclusion fausse.

Une dernière source d'erreur, banale et sous-estimée : le témoin lui-même. Une plaque vissée dans un enduit décollé enregistre le mouvement de l'enduit, pas celui du mur.

Deux précautions valent d’être répétées après ce bloc, parce que ce sont elles qui font les relevés faux.

La première tient à l’instrument. Une plaque graduée au millimètre ne se lit pas au dixième, quelle que soit l’attention qu’on y met. En dessous d’un demi-millimètre, on est dans l’incertitude de lecture, et la seule phrase honnête est « je ne peux rien affirmer ».

La seconde tient à la saison. Un relevé d’août et un relevé de février ne se comparent pas naïvement : les sols argileux se rétractent en été et gonflent en hiver, et le bâti suit. Une fissure qui s’est refermée depuis la pose n’est donc pas une bonne nouvelle en soi — c’est souvent la même respiration, prise à l’autre bout du cycle. L’exposition de votre commune à ce phénomène se vérifie gratuitement, adresse par adresse, sur le portail public Géorisques, et le mécanisme est détaillé dans le guide fissures sécheresse argile maison.

Le calendrier qui renseigne, et celui qui ne renseigne pas

Quatre relevés suffisent pour une première série : à la pose, à un mois, à trois mois, à six mois. Le relevé à un mois ne sert pas à détecter un mouvement — il sert à vérifier que votre protocole tient, que la fixation n’a pas bougé et que vous savez refaire exactement la même lecture.

La période, elle, décide de ce que la série peut montrer. Un suivi qui commence en avril couvre l’été sec et attrape le retrait des argiles : c’est le meilleur cas. Un suivi qui commence en octobre traverse la saison humide, montre plutôt le gonflement, et devra être prolongé jusqu’à l’été suivant pour dire quelque chose de complet.

Si vous découvrez votre fissure en automne, ne repoussez pas la pose au printemps pour autant. Un relevé d’hiver n’est pas inutile : il devient l’origine, et il datera votre constat — ce qui compte autant que la mesure elle-même le jour où un tiers regarde le dossier.

Ce que le carnet doit contenir

Un relevé, c’est cinq lignes, toujours les mêmes, écrites le jour même : la date, les deux valeurs lues, la position du point de mesure, la météo des jours précédents, et le numéro de la photo. Le reste — les impressions, les avis de voisinage, les devis reçus — se range ailleurs.

Cette régularité paraît excessive tant qu’on relève pour soi. Elle devient la seule chose qui compte le jour où un tiers regarde le dossier, parce qu’une série datée, régulière et photographiée est vérifiable, alors qu’un souvenir ne l’est pas. Le format du tableau de relevé et un modèle prêt à imprimer sont détaillés dans l’article suivre une fissure sur 6 mois.

Un dernier détail matériel : le crayon à papier s’efface d’une façade en un hiver. Sur le mur, prenez un marqueur prévu pour l’extérieur.

Matériel · étape mesurer

5 à 12 €

Marqueur peinture blanc indélébile extérieur

Usage — marquer les extrémités du tracé et la date pour qu'elles tiennent l'hiver

Sans repère durable sur le mur, le deuxième relevé ne se prend pas au même endroit que le premier — et la série ne vaut plus rien.

Ce qu'il permet de constater

  • Tient sur enduit, béton et pierre, sous la pluie et le gel
  • La date écrite sur le mur apparaît sur toutes les photos suivantes
  • Un trait fin suffit : il ne dégrade pas la façade et se retire au solvant

Ce qu'il ne dit pas — C'est un repère, pas une mesure. Un trait au marqueur ne remplace ni la jauge ni le carnet, et un marquage trop large introduit lui-même une imprécision de lecture.

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Le geste qui annule tout le travail

Il faut le redire ici, parce que c’est au bout de quelques mois de suivi qu’on y cède, quand la fissure agace plus qu’elle n’inquiète : ne rebouchez pas une fissure que vous êtes en train de suivre.

Un enduit de rebouchage fait trois choses, toutes contraires à votre intérêt. Il rend l’évolution du tracé lui-même inobservable. Il efface l’état initial, donc le point de comparaison. Et si un dossier de catastrophe naturelle s’ouvre ensuite pour votre commune, il le prive de ce qui l’appuie — l’antériorité et l’aggravation, documentées. Les conditions et les délais de déclaration sont décrits sur service-public.fr, et ces délais sont courts : raison de plus pour avoir commencé à relever avant d’en avoir besoin.

Le rebouchage vient après le suivi et après le traitement de la cause. Passer l’ordre coûte le prix du sac d’enduit, plus celui du dossier perdu — c’est le sujet du guide dossier catastrophe naturelle fissures.

Où s’arrête ce que je peux dire

Je ne suis ni ingénieur structure, ni diagnostiqueur, ni expert d’assuré — cette dernière fonction est encadrée, et sur un sujet où l’on monte des dossiers d’indemnisation, la distinction n’est pas une coquetterie. Je suis propriétaire et bailleur, j’ai posé des témoins sur mes propres murs et relu des séries de relevés, et c’est de là que parle cette page.

Ce qu’un témoin ne fera jamais, c’est trancher à votre place. Trois constats appellent un professionnel qualifié sur place, indépendamment de tout relevé : une fissure qui a bougé entre deux lectures, une fissure qui se retrouve à l’aplomb sur l’autre face du mur, une fissure au-delà de deux millimètres. La largeur seule, elle, ne conclut jamais rien — c’est ce que rappelle le guide fissure maison quand s’inquiéter, et c’est encore vrai avec un témoin en place.

Ce qu’il fera, en revanche, aucun avis donné de mémoire ne le remplace : transformer une inquiétude en série de dates.

Questions récurrentes

A.01 Comment mesurer une fissure avec un témoin quand on n'y connaît rien ?
En acceptant d'abord que le premier relevé ne dise rien. Un témoin s'installe à cheval sur la fissure, sur un support qui sonne plein, avec deux points de fixation situés à une dizaine de centimètres de part et d'autre du tracé. Le jour de la pose, on note la date et la position exacte du point de mesure : c'est l'origine. Tout ce qui a de la valeur vient après, dans la comparaison entre cette origine et les relevés suivants, espacés sur au moins six mois.
A.02 Quelle différence entre un témoin et un fissuromètre ?
Un fissuromètre est une règle : il donne une largeur, à l'instant où on le pose, sans mémoire d'un relevé à l'autre. Un témoin est un dispositif fixé en place qui enregistre le déplacement depuis sa pose — soit en se rompant, comme une languette de plâtre, soit en affichant l'écart entre deux plaques graduées. L'un chiffre un état, l'autre documente une évolution. Les deux se complètent, et c'est l'évolution qui tranche.
A.03 Au bout de combien de temps peut-on conclure quelque chose ?
Six mois est le minimum couramment retenu, mais la période compte autant que la durée. La plupart des maisons françaises bougent au rythme du retrait puis du gonflement des sols argileux, qui est saisonnier : un suivi entièrement contenu dans l'hiver renseigne beaucoup moins qu'un suivi à cheval sur un été sec et une saison humide. Un relevé qui montre une fissure refermée n'est pas plus rassurant qu'un relevé qui la montre ouverte : c'est la même respiration, prise à deux moments.
A.04 Le témoin s'est fendu : faut-il s'alarmer ?
Une languette de plâtre rompue signale qu'un mouvement a eu lieu, pas son ampleur ni sa date. Avant d'en tirer une conclusion, vérifiez deux causes bien plus banales que la structure : un plâtre appliqué trop épais qui a fendu en séchant, et un choc. Si la rupture tient, elle indique surtout qu'il faut passer à une mesure chiffrée, avec une jauge graduée qui dira de combien et à quelle vitesse.
A.05 Peut-on reboucher la fissure une fois le témoin posé ?
Non. Le témoin ne remplace pas la fissure comme pièce à conviction : il l'accompagne. Un enduit de rebouchage efface l'état initial, rend l'évolution du tracé lui-même impossible à observer, et prive un éventuel dossier d'assurance de ce qui l'appuie — l'antériorité et l'aggravation documentées. Le rebouchage vient après le suivi et après le traitement de la cause, jamais avant, et jamais pendant.
A.06 Combien de témoins faut-il poser sur une maison ?
Un par tracé distinct, et un de plus sur le tracé le plus large si celui-ci est long : une fissure ne s'ouvre pas uniformément sur toute sa longueur, et deux points de mesure disent si elle pivote ou si elle s'écarte en bloc. Poser un témoin unique sur une maison qui porte quatre fissures différentes revient à surveiller une seule porte d'un bâtiment qui en a quatre.

Ni expert d'assuré, ni ingénieur structure, ni diagnostiqueur

Baptiste S.

Propriétaire bailleur, fondateur du site

Je possède et je loue plusieurs logements — une maison ancienne et des appartements. J'ai vu apparaître des fissures, j'en ai suivi certaines pendant des années avec un fissuromètre, j'ai fait venir des entreprises et comparé ce qu'elles proposaient. Je ne suis ni expert d'assuré, ni ingénieur structure, ni diagnostiqueur : je documente ce que j'ai mesuré et ce que j'ai lu dans les textes.

Ce site ne remplace pas une expertise. Dès qu'une fissure évolue, traverse un mur de part en part ou dépasse deux millimètres, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe cette limite, et je ne propose jamais de la franchir seul.

D'où viennent les seuils employés ici

Une lettre quand ça bouge, pas avant

Les arrêtés de catastrophe naturelle qui paraissent, les délais à ne pas rater, et ce qu il faut relever avant un été sec. Rien d autre.

  • Quand un arrêté de catastrophe naturelle paraît pour votre commune.
  • Avant chaque été sec : le relevé à faire pour dater vos fissures.

Adresse conservée trois ans après le dernier contact, jamais revendue. Détail.