Aller au contenu

Étape 01 / 04 — Identifier

Acheter une maison avec fissures : la checklist de visite

Acheter une maison avec fissures oblige à renoncer au signal qui tranche, l'évolution. Ce qu'une visite établit vraiment, et les pièces datées à réclamer avant.

Relevé par
Baptiste S.
Établi le
26 septembre 2026
Révisé le
1 octobre 2026
Lecture
10 min

Se rattache au guide
Fissure maison quand s'inquiéter : les vrais signes

Relevé d'une façade portant quatre types de fissures Dessin de relevé technique sur papier quadrillé. Le pignon d'une maison en maçonnerie de blocs porte quatre marques différentes : un réseau de microfissures en toile d'araignée sur un panneau d'enduit, une fissure verticale sous le faîtage, une diagonale partant de l'angle supérieur d'une fenêtre, et une fissure en escalier qui descend en suivant les joints des blocs. Chacune est repérée par un point de relevé, sans valeur écrite. Au premier plan, un fissuromètre gradué est posé en travers de la feuille.
Planche — Un pignon de maison ordinaire vu depuis le jardin lors d'une visite, un réglet gradué tenu contre une fissure fine qui descend le long de l'enduit
Fissure en escalier
Fissure horizontale
Fissure d’angle d’ouverture
Fissure traversante

Une heure, parfois quarante minutes, souvent avec un agent qui parle. C’est le temps réel dont vous disposez pour juger un mur que son propriétaire regarde depuis quinze ans.

Acheter une maison avec fissures se joue donc sur un handicap qu’il vaut mieux nommer tout de suite, parce que tout le reste en découle : le signal qui tranche vraiment dans ce domaine vous est inaccessible. Ce n’est pas une question de compétence ni de temps passé devant la façade. C’est une question de calendrier. Pour mettre un nom sur ce que vous voyez pendant la visite, chaque fissure en photo, zone par zone peut servir d’aide-mémoire.

Acheter maison avec fissures : ce qu’une visite ne peut pas établir

Trois signaux décident de la gravité d’un tracé, et ils ne se valent pas. Le premier est qu’il bouge. Le deuxième est qu’il traverse le mur. Le troisième, loin derrière, est sa largeur. Cette hiérarchie est celle du guide fissure maison quand s’inquiéter, et elle a une conséquence désagréable pour un acheteur : le signal de tête demande deux relevés séparés dans le temps.

Vous n’en aurez qu’un. Le propriétaire, lui, pourrait en avoir vingt — et la vraie question à lui poser n’est pas « est-ce grave », à quoi il répondra non, mais « depuis quand la voyez-vous, et avez-vous une photo d’avant ».

Il faut donc renoncer à deux choses d’emblée. Renoncer à conclure sur la gravité, d’abord : une fissure ne se juge pas le jour où on la découvre, et une largeur mesurée une seule fois ne classe rien du tout. Renoncer aussi à l’idée que la visite servira à décider. Elle sert à autre chose, de plus utile : à récolter ce qui, à défaut de temps, porte des dates.

Ce déplacement change tout le déroulé d’une visite. On cesse de chercher une réponse dans le mur, et on se met à chercher des pièces et des traces — ce que le mur montre en une heure, ce que les documents datent, et ce qu’une reprise récente laisse voir malgré elle.

Les quatre constats qui pèsent, et les cinq qui déplacent la charge

Tout n’est pas hors de portée, loin de là. Quelques constats se font en une heure, sans instrument coûteux, et ils ne demandent aucune qualification — parce qu’ils ne portent pas sur la cause, seulement sur ce qui est là.

Quatre d’entre eux suffisent, seuls, à interdire une offre ferme le jour même. Les cinq autres ne classent rien mais déplacent la charge de la preuve vers le vendeur, ce qui est déjà considérable quand on part avec un handicap d’information.

Relevé de visite

Ce que votre visite a établi — et ce qu'elle ne peut pas établir

Neuf constats obtenables en une heure, sans instrument coûteux. Les quatre premiers suffisent à eux seuls à interdire de conclure sur place ; les cinq autres déplacent la charge de la preuve vers le vendeur.

Constats bloquants : 0 sur 4 — signaux : 0 sur 5

Rien de visible — ce qui n'est pas un quitus

Une visite sans constat ne prouve pas qu'une maison est saine : elle prouve qu'une heure de regard n'a rien montré, sur des murs peut-être repeints, derrière des meubles que vous n'avez pas déplacés. Le signal qui décide vraiment — l'évolution entre deux dates — reste hors de portée d'une visite, quelle qu'elle soit. Demandez donc quand même les trois pièces datées qui, elles, portent une antériorité : l'historique des arrêtés de catastrophe naturelle de la commune, l'état des risques annexé à la promesse, et les factures des travaux déjà faits sur le bâti.

Aucun de ces verdicts ne dit qu'une fissure est bénigne, et c'est délibéré : la largeur seule ne conclut jamais, c'est l'évolution entre deux relevés datés qui tranche — et c'est précisément ce qu'une visite unique ne produit pas. Au-delà de deux millimètres, si le tracé traverse le mur ou s'il évolue, il faut un professionnel qualifié sur place.

Deux remarques sur l’usage de ce relevé. La première : le constat du mur traversé est celui que personne ne fait, et c’est pourtant le seul qui se prenne en cinq minutes sans rien connaître. Mesurez la position du tracé depuis un angle et depuis le sol, puis reportez la cote sur l’autre face. Un décalage de vingt centimètres suffit à faire croire à une fissure traversante là où il y en a deux.

La seconde : un tracé en marches d’escalier sur une façade en blocs alarme beaucoup, souvent plus que de raison. Il suit les joints parce qu’ils sont plus tendres que les blocs, et sa direction pointe vers la zone qui a bougé — sans dire quand, ce que détaille fissure en escalier sur parpaing. Beaucoup de maisons des années soixante-dix portent ce tracé depuis leur première décennie et n’ont plus bougé depuis.

Ce qui remplace le temps : les pièces qui portent une date

Vous n’avez pas de série de relevés. Vous avez accès, en revanche, à quatre sources datées, dont trois sont publiques et gratuites. C’est le vrai travail d’un acheteur, et il se fait le plus souvent avant même la seconde visite.

L’historique des arrêtés, commune par commune

Le portail public Géorisques publie, pour chaque commune, la cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles et l’historique des arrêtés de catastrophe naturelle déjà pris, avec le péril concerné et les périodes couvertes.

C’est la seconde information qui compte le plus, et presque personne ne la note. Un arrêté ne couvre pas une commune en général : il la couvre pour une période datée. Savoir que la commune a été reconnue trois fois pour la sécheresse en vingt ans dit quelque chose du sol de tout le quartier, et la lecture correcte de cette carte — ce qu’elle prouve, ce qu’elle n’exclut pas — est détaillée dans carte retrait gonflement argile : vérifier sa commune.

L’état des risques, et ce que le vendeur doit dire

L’état des risques et pollutions doit être annexé à la promesse de vente ; il se prépare en ligne sur ERRIAL, le service public dédié. Le vendeur doit par ailleurs informer l’acquéreur des sinistres ayant donné lieu à indemnisation dont il a connaissance, et le contenu de cette obligation d’information est décrit sur service-public.fr.

Posez alors la question qui suit logiquement, et qu’on oublie toujours : si un sinistre a été indemnisé, qu’a-t-on fait des fonds ? Une indemnité perçue sans travaux exécutés reste dans le bien que vous achetez, et elle ne sera pas versée deux fois.

Le procès-verbal de réception, et ce qui court encore

Sur une maison récente, une pièce vaut à elle seule le détour : le procès-verbal de réception des travaux. Il fixe le point de départ des garanties légales de construction, dont les durées et les démarches figurent sur service-public.fr et au Code civil, publié sur Légifrance.

Ce que la plupart des acheteurs ignorent, et qui pèse davantage qu’une remise de prix : ces garanties sont attachées à l’ouvrage, pas à la personne du premier maître d’ouvrage. Ce qui reste du délai décennal vous bénéficiera.

Calcul

Que reste-t-il des garanties de construction ?

Les trois garanties légales courent depuis la réception des travaux, et elles sont attachées à l'ouvrage : sur une maison récente, ce qui reste du délai vous bénéficiera en tant qu'acquéreur.

Réception il y a 6 an(s) — ce qui reste à courir

Parfait achèvement
échue
1 an après réception
Bon fonctionnement
échue
2 ans, équipements dissociables
Décennale
4 ans
10 ans, solidité et destination

Ce que le constat implique

C'est le terrain de la garantie décennale, et c'est aussi celui où la qualification compte le plus. La garantie ne couvre pas « une fissure » : elle couvre un dommage qui compromet la solidité de l'ouvrage ou qui le rend impropre à sa destination — une infiltration par le tracé, par exemple, ou un désordre évolutif du mur porteur. Cette qualification ne se fait pas depuis un couloir de visite, et c'est précisément ce qu'un bureau d'études est payé pour établir.

La conduite à tenir

La garantie décennale court encore, et elle vous suivra

C'est l'information qui change le plus une négociation, et celle que les annonces ne portent jamais : cette garantie est attachée à l'ouvrage, pas à la personne du premier maître d'ouvrage, si bien qu'elle bénéficie aux propriétaires successifs. Réclamez donc trois pièces avant de signer — le procès-verbal de réception, qui fixe le point de départ du délai, l'attestation d'assurance dommages-ouvrage, et le nom des entreprises intervenues. Sans le procès-verbal, le délai n'a pas de date de départ opposable, et la garantie devient très difficile à faire jouer.

Ce bloc compte des années, il ne qualifie aucun désordre : savoir si une fissure compromet la solidité de l'ouvrage ou le rend impropre à sa destination est exactement ce qu'une garantie oblige à établir, et cela relève d'un professionnel qualifié. Les durées, leur point de départ et les démarches sont publiés sur service-public.fr et au Code civil.

Deux réserves sur ce calcul, qui valent d’être dites franchement. Un délai qui court ne présume pas qu’un désordre sera pris en charge : la garantie décennale suppose d’établir que le dommage compromet la solidité de l’ouvrage ou le rend impropre à sa destination, et cette qualification n’est pas une lecture de visite. Et sans procès-verbal de réception, le délai n’a pas de date de départ opposable — c’est pour cela que la pièce se réclame avant la signature, pas après. L’attestation d’assurance dommages-ouvrage se demande en même temps ; les retours de terrain publiés par l’Agence Qualité Construction donnent une idée de ce que recouvrent ces désordres.

Les factures, et ce qu’elles trahissent

Demandez les factures des travaux déjà faits sur le bâti, pas seulement sur la cuisine. Une reprise de façade, un agrafage, une injection : chacune porte une date et un nom d’entreprise, donc une antériorité, donc un point de comparaison que vous n’aviez pas.

Un vendeur qui a fait traiter un désordre sérieusement produit ces pièces avec soulagement. C’est souvent le meilleur signal de la visite, et il est positif.

Schéma interactif

Le tour de la maison en visite : les traces qui portent une date, et ce que le terrain ajoute

Touchez un numéro, puis allumez la lumière rasante : le dessin montre où regarder et ce que chaque trace vaut.

← Glissez pour voir tout le schéma →

sol saturé au pied du mur il gonfle localement pente vers l'angle fissuré le niveau la situe, et son sens une arête se relève, ou ça sonne creux le plus souvent le revêtement hauteur adulte de l'essence distance au mur : moindre que la hauteur adulte l'enduit porte une date approximative le tracé qui le retraverse lui est postérieur un pan repeint seul ne prouve rien : il se photographie et se date façade, de face une pièce, en coupe jardin 1 2 3 4 5 6

Un rebouchage déjà refendu : deux instants, gratuitement

Ce qu'il vaut
Il vous offre ce qu'une visite ne donne jamais : deux instants séparés dans le temps. L'enduit porte une date approximative, et le tracé qui le traverse à nouveau lui est postérieur.
Ce qu'on en fait
Photographiez-le avec un objet de dimension connue dans le cadre, notez la date, et posez la question ouvertement. Sans échelle, une photo de visite ne se compare à rien quatre semaines plus tard.
Voir les réglets acier gradués

Lien affilié. Prix et disponibilité vérifiables sur Amazon.

Les traces d’une reprise récente, et ce qu’elles valent

Un enduit de rebouchage frais posé sur un tracé n’est pas un délit. C’est le réflexe de tout le monde, et la moitié des sites le conseille encore, à tort : reboucher efface l’état initial et rend l’évolution inobservable, ce qui est expliqué dans reboucher une fissure de façade, résine ou mortier.

Pour un acheteur, cette même reprise se lit autrement, et parfois à son avantage. Un rebouchage déjà refendu vous offre gratuitement ce qu’une visite ne donne jamais : deux instants séparés dans le temps. L’enduit porte une date approximative, et le tracé qui le traverse à nouveau lui est postérieur.

Restent les reprises muettes — un pan repeint seul, une bande fraîche derrière un meuble, une plinthe neuve dans une seule pièce. Aucune ne prouve quoi que ce soit, et il serait malhonnête de prétendre le contraire. Elles ont pourtant une portée précise, qu’il faut connaître : la clause écartant la garantie des vices cachés, habituelle quand le vendeur n’est pas professionnel, ne joue plus s’il est établi qu’il connaissait le désordre et l’a dissimulé. Le régime de cette garantie figure au Code civil, sur Légifrance.

D’où une conduite très simple, et sans rapport avec la suspicion : photographiez ces zones avec un objet de dimension connue dans le cadre, notez la date, et posez la question ouvertement. La réponse fera partie du dossier.

Ce que la parcelle ajoute au tableau

Le mur ne se lit pas indépendamment du terrain qui le porte, et deux vérifications se font depuis le jardin, en dix minutes.

La première est la végétation. Un arbre adulte planté à moins de sa hauteur du mur prélève de l’eau dans le sol qui porte les fondations, et la règle se rapporte à la hauteur adulte de l’essence, pas à la taille du jour — avec une conséquence contre-intuitive détaillée dans arbre trop près de la maison : quelle distance, puisque l’abattage produit un mouvement inverse, plus difficile à rattraper que celui qu’il corrige.

La seconde est l’eau. Cherchez les descentes de gouttière, leur rejet, et l’état du sol à leur pied. Un débordement chronique sature le sol au pied du mur, et un sol qui gonfle localement travaille autant qu’un sol qui se rétracte. Beaucoup de fissures attribuées à la sécheresse commencent par une gouttière percée — et celle-là se répare pour le prix d’une demi-journée.

Enfin, regardez à l’intérieur ce que le sol raconte. Un carrelage qui sonne creux ou dont une arête se relève relève le plus souvent du revêtement, et la lecture qui sépare les quatre causes possibles est dans carrelage qui se fissure ou se soulève. Le mécanisme d’ensemble, saison sèche après saison humide, est celui du guide fissures sécheresse argile maison.

Le matériel qui rend une visite exploitable

Rien de cher, et rien de spectaculaire. Trois objets tiennent dans une poche et changent ce qu’une visite laisse derrière elle — parce que le vrai produit d’une visite n’est pas une opinion, c’est un jeu de photos comparables.

Le premier est le plus rentable de la liste, et le plus négligé. Une photo de fissure sans échelle dans le cadre ne prouve rien à personne quatre semaines plus tard, et c’est le regret le plus fréquent de ceux qui reviennent comparer.

Matériel · étape identifier

5 à 12 €

Réglet acier gradué 15 cm

Usage — donner une échelle à chaque photo de visite, pour qu'elles restent comparables

Sans échelle dans le cadre, une photo de visite n'est qu'une image — et deux visites ne produisent alors aucune comparaison.

Ce qu'il permet de constater

  • Rend comparables deux clichés pris à quelques semaines d'intervalle
  • En acier : il ne se déforme pas et se glisse dans une poche de veste
  • Se pose contre le mur d'une main, sans rien coller ni marquer chez le vendeur

Ce qu'il ne dit pas — Il documente, il ne mesure pas au dixième de millimètre, et une graduation photographiée de biais fausse l'estimation. Cadrez de face, à la même distance aux deux visites.

Fourchette indicative
le prix du jour est sur Amazon

Voir sur Amazon

Lien affilié Amazon — le prix ne change pas pour vous.

Le deuxième répond au constat que les fissures ne donnent pas : celui du plancher. Une pente qui s’accentue vers l’angle d’une pièce dont le mur est fissuré relie deux observations que rien d’autre ne relie.

Matériel · étape identifier

15 à 35 €

Niveau à bulle 60 cm

Usage — repérer un plancher ou un seuil hors niveau, pièce par pièce

Le seul instrument de la liste qui interroge la structure plutôt que la surface, et il se lit sans rien y connaître.

Ce qu'il permet de constater

  • Posé au sol en plusieurs endroits, il situe une pente et son sens
  • Vérifie aussi l'aplomb d'un dormant de fenêtre qui frotte
  • Une longueur de 60 cm passe partout et reste assez longue pour être lisible

Ce qu'il ne dit pas — Une pente peut être d'origine, surtout en maison ancienne : le niveau constate, il n'explique pas. C'est le cumul avec un tracé dans le mur de la même pièce qui fait le constat.

Fourchette indicative
le prix du jour est sur Amazon

Voir sur Amazon

Lien affilié Amazon — le prix ne change pas pour vous.

Le troisième sert à voir ce que l’éclairage d’une maison à vendre cache soigneusement. Une lumière rasante révèle les reliefs d’une reprise d’enduit que la peinture recouvre sans les effacer.

Matériel · étape identifier

15 à 40 €

Lampe torche à faisceau étroit

Usage — éclairer un mur en lumière rasante pour faire ressortir les reprises

Ce qu'une ampoule de plafonnier aplatit, un faisceau rasant le montre — et c'est souvent là que se trouve l'information.

Ce qu'il permet de constater

  • Révèle les bosses d'un rebouchage repeint, invisibles de face
  • Sert aussi dans le vide sanitaire, le sous-sol et les combles, rarement éclairés
  • Tient dans une poche et ne demande aucune autorisation pour être utilisée

Ce qu'il ne dit pas — Une irrégularité de surface n'est pas une preuve de dissimulation : un mur ancien en porte partout. Elle indique où regarder et où photographier, rien de plus.

Fourchette indicative
le prix du jour est sur Amazon

Voir sur Amazon

Lien affilié Amazon — le prix ne change pas pour vous.

Ce qui s’écrit dans l’offre plutôt que dans l’espoir

Une visite bien menée ne finit pas sur un avis. Elle finit sur une liste de pièces à obtenir et, si l’un des constats bloquants est tombé, sur une clause.

L’ordre compte, et il est contre-intuitif. On ne négocie pas un prix avant de savoir sur quoi porterait la reprise : trop bas, l’offre part sans discussion ; trop haut, la remise ne couvrira pas les travaux. Ce qui se demande d’abord, c’est du temps et de l’accès — une seconde visite trois ou quatre semaines plus tard, la possibilité de faire venir un professionnel qualifié, et une condition suspensive écrite qui prévoit expressément ce passage.

Le reste suit le même principe que pour un propriétaire qui découvre une marque sur son mur, et qui est le fond du sujet : ne rien refermer avant d’avoir daté. Si vous achetez, le suivi commence le jour de la remise des clés, avec le protocole décrit dans suivre une fissure sur 6 mois : le tableau de relevé. Et si la commune a déjà connu un arrêté, l’architecture d’un dossier est dans le guide dossier catastrophe naturelle fissures.

Une précision utile pour ne pas surestimer un tracé fin : le mot microfissure recouvre trois choses différentes, que trois tests de trois minutes séparent — c’est l’objet de microfissure d’enduit de façade : que faire. À l’autre bout de l’échelle, une ligne franche et continue au niveau d’un plancher se lit tout autrement, et fissure horizontale sur mur porteur explique pourquoi la hauteur compte alors plus que la largeur.

Où s’arrête ce que je peux dire

Je ne suis ni ingénieur structure, ni géotechnicien, ni diagnostiqueur, et je n’exerce aucune des fonctions encadrées que ce sujet convoque — celles de l’expert d’assuré et de l’expert judiciaire en particulier, qui ont un statut et une responsabilité. Je suis propriétaire occupant et bailleur : j’ai suivi des fissures au fissuromètre pendant des années, comparé des devis et instruit un dossier de catastrophe naturelle, et c’est de là que parle cette page.

Sur l’achat, la réserve doit être plus nette encore. Rien de ce qui précède ne qualifie un désordre, et aucune page ne peut vous dire depuis une description écrite si une maison est réparable ou à quel prix. Les points juridiques évoqués ici — obligation d’information, garanties de construction, vices cachés — sont décrits par les sources publiques citées, et leur application à un bien précis relève d’un notaire, pas d’un site d’information.

Ce qui reste vrai indépendamment de tout cela tient en trois lignes. La largeur seule ne conclut jamais ; c’est l’évolution entre deux dates qui tranche. Une visite unique ne produit pas cette évolution, et aucune insistance ne l’y fera apparaître. Et au-delà de deux millimètres, si le tracé traverse le mur ou s’il évolue, il faut un professionnel qualifié sur place — avant l’offre, tant que c’est encore vous qui tenez le calendrier.

Questions récurrentes

A.01 Acheter maison avec fissures : est-ce une mauvaise idée par principe ?
Non, et poser la question ainsi conduit à écarter des maisons saines tout en achetant des maisons qui ne le sont pas. Une bonne partie du parc français porte des traces de mouvement, souvent anciennes et stabilisées depuis des décennies. Ce qui distingue les deux cas n'est ni la largeur, ni le nombre de tracés, mais l'évolution dans le temps — et c'est exactement ce qu'une visite unique ne peut pas établir. La conduite raisonnable n'est donc pas de renoncer, c'est de refuser de conclure sur place et de faire porter l'incertitude par l'acte plutôt que par vous.
A.02 Combien de visites faut-il pour juger des fissures ?
Deux au minimum, et l'écart entre elles compte davantage que leur nombre. Une seconde visite programmée trois ou quatre semaines après la première, photos à l'échelle en main et prises depuis la même position, est le seul moyen d'obtenir gratuitement un début de série. Cela ne remplace pas un suivi de six mois, qui reste la durée de référence, mais deux clichés comparables séparés d'un mois valent infiniment plus que les affirmations recueillies pendant la visite. Demandez cette seconde visite avant de faire une offre, jamais après.
A.03 Le vendeur doit-il déclarer les fissures de la maison ?
Il doit remettre l'état des risques et informer l'acquéreur des sinistres indemnisés dont il a connaissance, et il ne peut pas dissimuler un défaut qu'il connaît. La clause d'exclusion de garantie des vices cachés, courante quand le vendeur n'est pas un professionnel, ne le protège pas s'il est établi qu'il connaissait le désordre et l'a masqué. C'est ce qui donne une valeur concrète aux traces de rebouchage et de reprise de peinture relevées en visite : elles ne prouvent rien à elles seules, mais elles se photographient et se datent.
A.04 Faut-il faire venir un professionnel avant de signer ?
Dès qu'un constat sort du domaine esthétique, oui, et avant l'offre ferme plutôt qu'après. Un bureau d'études structure établit un diagnostic indépendant de toute entreprise de travaux, ce qui vous laisse libre ensuite ; une entreprise de reprise en sous-œuvre appelée la première proposera une reprise en sous-œuvre, faute d'avoir les éléments pour proposer autre chose. Prévoyez la condition suspensive correspondante par écrit : une promesse signée sans cette clause vous engage avec le désordre, quel qu'il soit.
A.05 Une maison fissurée se négocie-t-elle moins cher ?
Elle se négocie sur des pièces, pas sur une impression, et l'ordre des opérations décide du résultat. Annoncer un chiffre avant de savoir sur quoi porte la reprise revient à négocier contre soi-même : trop bas, l'offre est refusée sans discussion ; trop haut, la remise ne couvrira pas les travaux. Les éléments qui donnent prise sont l'historique des arrêtés de catastrophe naturelle de la commune, les factures des travaux déjà faits, le procès-verbal de réception s'il existe, et le devis d'un professionnel qualifié obtenu pendant le délai de la condition suspensive.
A.06 Que faire si la commune a déjà été reconnue en catastrophe naturelle ?
C'est une information à obtenir avant l'offre, et elle se consulte librement sur Géorisques. Un arrêté ne couvre pas une commune en général : il la couvre pour un péril et pour une période datée, si bien qu'un désordre apparu en dehors de cette période n'entre pas dans cette reconnaissance-là. Demandez au vendeur si un sinistre a été déclaré, s'il a été indemnisé, et ce qui a été fait des fonds — une indemnisation perçue sans travaux réalisés se retrouve dans le bien que vous achetez, et elle ne sera pas versée deux fois.
A.07 Les fissures intérieures sont-elles moins graves que celles de façade ?
Pas par principe, et l'intérieur a même un avantage en visite : les murs y sont accessibles des deux côtés. Le constat qui compte le plus se fait justement là — reporter la position d'un tracé sur l'autre face du mur, en mesurant depuis un angle et depuis le sol, pour savoir s'il traverse. Ce qui doit rester présent à l'esprit, c'est qu'une cloison et un mur de refend ne se lisent pas de la même façon : un refend porte, et une fissure qui l'affecte se lit plus sérieusement.

Ni expert d'assuré, ni ingénieur structure, ni diagnostiqueur

Baptiste S.

Propriétaire bailleur, fondateur du site

Je possède et je loue plusieurs logements — une maison ancienne et des appartements. J'ai vu apparaître des fissures, j'en ai suivi certaines pendant des années avec un fissuromètre, j'ai fait venir des entreprises et comparé ce qu'elles proposaient. Je ne suis ni expert d'assuré, ni ingénieur structure, ni diagnostiqueur : je documente ce que j'ai mesuré et ce que j'ai lu dans les textes.

Ce site ne remplace pas une expertise. Dès qu'une fissure évolue, traverse un mur de part en part ou dépasse deux millimètres, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe cette limite, et je ne propose jamais de la franchir seul.

D'où viennent les seuils employés ici

Une lettre quand ça bouge, pas avant

Les arrêtés de catastrophe naturelle qui paraissent, les délais à ne pas rater, et ce qu il faut relever avant un été sec. Rien d autre.

  • Quand un arrêté de catastrophe naturelle paraît pour votre commune.
  • Avant chaque été sec : le relevé à faire pour dater vos fissures.

Adresse conservée trois ans après le dernier contact, jamais revendue. Détail.